Alfred Latour

1888

Naissance d’Alfred Latour à Paris, fils d’Armand Latour, compositeur typographe à l’Imprimerie nationale, et d’Elisabeth Paillac.

Révèle très tôt des dons pour le dessin. Suit les cours de la rue d’Aligre, fait un bref passage à l’École nationale des beaux-arts de Paris et se forme en autodidacte sur le terrain et dans les musées.

1908

Entre à l’École nationale des arts décoratifs de Paris. Ses maîtres sont, entre autres, Gaston Quénioux et Joseph Vital-Lacaze. Ce dernier admire le talent de son élève et l’encourage à poursuivre dans la gravure et la peinture.

1909–1911

Effectue son service militaire à Granville. Exécute de nombreux dessins, aquarelles et peintures de la Normandie.

1913

Installe son premier atelier parisien à l’Île Saint-Louis. Effectue des encres de Chine de Paris et de ses environs. Rencontre Émile Bernard.

1914

Est mobilisé et envoyé au front. Grièvement blessé le 2 août, soigné à Rouen et rétabli, se porte chauffeur volontaire pour approvisionner les lignes de combat. Produit de multiples carnets de croquis (encres, mines, gouaches). Reste en contact avec Madeleine Cosnard, jeune infirmière qui l’a soigné. (Latour sera démobilisé le 12 avril 1919.)

1917

Épouse Madeleine Cosnard.

1918

Naissance de Jacques Latour, premier fils d’Alfred Latour et de Madeleine Cosnard.

1919

Augmente sa production de gravures sur bois. Travaille le cuir pour des reliures uniques.

Est invité par Charles Peignot, fondateur de la revue Arts et métiers graphiques et alors à la tête de l’entreprise de fonderie Deberny & Peignot, à ornementer des ouvrages (travail typographique, traits de plume, marques, estampes et culs-de-lampe) qui deviendront très vite des références.

S’installe à Montparnasse. Gagne une notoriété durable chez les amateurs avertis, comme Otto Kahn et Jules Bache aux États-Unis, Louis Koopman en Hollande, et auprès de grandes institutions: British Museum, Victoria and Albert Museum, New York Public Library, Bibliothèque nationale de France.

1925

Obtient le Grand Prix du Salon des arts décoratifs de Paris.

1927

Est primé au Salon d’Automne de Paris.

1929

Naissance de Jean Latour, second fils d’Alfred Latour et de Madeleine Cosnard.

Est invité par Charles Bianchini, cofondateur de la célèbre manufacture de soies Bianchini-Férier à Lyon. Élabore de nombreux motifs pour divers textiles (mode, ameublement) et fait partie des artistes renommés de la maison, au même titre que Raoul Dufy.

Est engagé comme correspondant par l’agence de presse Meurisse à Paris. Effectue pour le compte de celle-ci de nombreux reportages photographiques. (Latour emploiera la photographie comme carnet de notes tout au long de son existence.) Poursuit son travail de reliure et de décoration d’ouvrages. Collabore avec divers éditeurs.

1930

Est distingué au Salon d’Automne de Paris. (Au fil de sa vie, Latour ne cessera de recevoir des distinctions et des honneurs, notamment une médaille d’or en 1954 à l’occasion de la 10e Triennale de Milan – Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes et de l’architecture moderne.)

1932

Décide de rompre avec la vie parisienne et achète un mas dans les Alpilles à Eygalières.

Voyage dans divers pays (Italie, Espagne, Maroc). Abandonne progressivement la gravure sur bois et s’adonne assidûment à l’aquarelle.

1934

Engage une longue collaboration publicitaire avec Étienne Nicolas, fondateur de la maison des Vins Nicolas.

1935–1936

Rejoint l’Union des artistes modernes (UAM) au titre d’“artiste graphiste”, aux côtés de Mallet-Stevens, Le Corbusier, René Herbst, Cassandre, Sonia Delaunay, Fernand Léger, notamment.

1937

Dans le cadre de l’Exposition universelle de 1937 – Exposition internationale des arts et des techniques appliqués à la vie moderne –, expose aux pavillons du Livre, de l’UAM et de la Publicité. Reçoit plusieurs prix.

1940–1945

Pendant l’occupation, œuvre activement dans la Résistance. Doit se cacher un temps à Lyon. Couvre les activités de son fils Jacques, capitaine du renseignement anglais sur sol français, qui organise les parachutages destinés au maquis. (Jacques Latour sera déporté à Dachau. Il en reviendra et deviendra après-guerre le premier conservateur du musée Réattu à Arles.)

Revient à la peinture à l’huile, après un détour de plus de vingt ans consacrés à des créations dans divers domaines artistiques.

1945

À la fin de la guerre, s’installe définitivement à Eygalières dans un nouveau mas, où il aménage deux ateliers, l’un pour des activités professionnelles visant à lui assurer un confort matériel, l’autre pour la peinture.

Dessine pour son ami Pierre Aynard, éditeur lyonnais de tissus imprimés destinés à la haute couture et propriétaire de l’abbaye de Fontenay, des motifs inspirés d’éléments historiques de l’abbaye, intitulés les “Toiles de Fontenay”.

Est chargé par Étienne Nicolas de collaborer avec les Établissements Draeger pour l’édition annuelle d’un Catalogue Nicolas de luxe (typographie et mise en page) et pour la création de grandes affiches murales. (Latour poursuivra cette collaboration jusqu’à la fin de sa vie.) À l’occasion de ses rares déplacements à Paris, renoue avec ses amis de l’UAM.

1945–1964

Recherche le calme et la solitude. Envoie quelques toiles pour des expositions collectives en France (galeries Carmine, Durand-Ruel, Garibaldi), en Italie et en Suède. Est constamment sollicité par les acteurs du monde culturel venus à Eygalières pour tenter de l’associer à des projets divers, mais les critiques élogieuses et les encouragements de ses amis ne changeront rien à sa détermination de se tenir à l’écart des grandes messes. 1956, mort de Jacques Latour.

1964

Le 4 mars, Alfred Latour meurt dans son atelier d’une rupture d’anévrisme.