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Biographie
1888
Naissance à Paris d’Alfred Latour, fils d’un typographe Compagnon du Tour de France.
Le jeune garçon a la passion du dessin, mais on est frappé de découvrir, chez cet enfant visiblement doué, un trait de caractère, révélateur de sa nature profonde : le respect de la vérité et l’amour du travail bien fait.
1907
Boursier de la Ville de Paris, Latour étudie aux Arts Décoratifs. Son maître de dessin, Vital-Lacaze, le prend en affection et lui prodigue les données éprouvées de son expérience, les seules disciplines nécessaires pour oser toutes les audaces ultérieures.
1908
Latour a vingt ans. Il s’est établi au N° 15 quai Bourbon, dans l’Ile Saint Louis. Il dessine et peint à Paris, Grandville et Marseille. Il est conquis par l’éclat des couleurs de la cité phocéenne. Il vend ses premières toiles.
1914
Il expose au Salon des Indépendants au printemps.
Emile Bernard, l’initiateur de l’art synthétique, l’ami de Gauguin à Pont-Aven, et celui de Van Gogh et de Cézanne, découvre Latour. Il n’hésite pas à lui confier le soin de graver sur bois ses propres illustrations du « Ronsard » publié par Ambroise Vollard.
Au cours de la guerre 1914-1918, il est gravement blessé à Carmoy (Somme).
1918
Latour a trente ans. C’est le début d’une période de dix ans au cours de laquelle il se consacre à la décoration de beaux livres, recherchés par les amateurs avertis et qui deviendront des objets de collection.
L’après-guerre est marquée par un renouveau explosif. Dynamisme et créativité se manifestent dans tous les domaines : l’Expo. Internationale des Arts Déco en 1925 attire 16 millions de visiteurs...
Latour fréquente des cercles de bibliophiles, des groupes littéraires, rencontre Gide, Claudel, Blaise Cendrars...
Il se lie d’amitié avec Paul Valéry : La pensée du poète et le regard de l’artiste ont la même acuité pour discerner l’essentiel en toutes choses.
Tous deux s’attachent à traduire cette vision dans leur œuvre, empreinte de rigueur et de sérénité.
....Un long regard sur le calme des Dieux...
(Paul Valéry)
 A. Latour par L. Albin Guillot |
Les prix et les honneurs s’accumulent :- Latour est primé au Salon d’Automne en 1921-23-24.
- Il obtient le grand prix de l’Exposition Internationale des Arts Décoratifs, section du livre, en 1925.
- Il participe à Florence à l’Exposition Internationale de la Gravure en 1926.
- Il est primé au Salon d’Automne en 1927.
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 Dessin réalisé à l’age de 10 ans
 Notre-Dame, 1908 - propriété d’un collectionneur américain
 Effigie de P. Valéry, par A. Latour
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1928
Latour a quarante ans. Parmi ses amis figurent des photographes comme Laure Albin Guillot, qui photographie l’élite artistique et littéraire de son temps.
Un jour, une cartomancienne lui prédit « la fortune par Bacchus ». Quelques mois plus tard, Nicolas, propriétaire de la célèbre maison des Vins Nicolas et mécène exigeant, le rencontre personnellement.
Il lui confie la réalisation du Catalogue 1934, catalogue de prestige imprimé par Draeger.
Latour est beaucoup sollicité. Il refuse un poste de directeur artistique proposé par Draeger et préfère une fonction de conseiller occasionnel, ce qui lui assure une indépendance financière et lui permet de consacrer l’essentiel de son temps à sa vocation : la peinture.
« Latour a exploré plusieurs techniques de dessin, crayon, pastel, gouache, mais ses préférences vont à l’aquarelle. Technique rapide, spontanée, l’aquarelle est aussi le lieu où s’exprime librement sa fantaisie. »
J.Pijaudier-Cabot
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1937
Alfred Latour expose 50 aquarelles rapportées de ses séjours en Castille et en Provence à la galerie « Greatorex », Bond Street, à Londres.
Londres est alors incontestablement la capitale de l’aquarelle. L’exposition est un succès. La critique le présente comme l’un des artistes français contemporains les plus « distingués ».
Elle salue le poète, qui avec une merveilleuse économie de moyens, exprime le calme, le silence, ou la majesté d’un site.
1939-1945
Pendant la guerre, Latour participe activement à la Résistance avec son fils Jacques [1]. Il doit se réfugier chez des Religieux à Lyon, tandis que son fils est arrêté et déporté à Dachau. Très éprouvé par cette période tragique, n’ayant jamais cessé de rechercher l’essentiel en toute chose, il trouve une réponse dans la foi chrétienne.
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 Camargue
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1945
A la fin de la guerre, Latour approche de la soixantaine.
Quand il admire les Alpilles, depuis son Mas d’Eygalières, il peut méditer sur son parcours : il a vu naître un siècle nouveau, connu deux guerres et vécu des années capitales pour l’histoire du XXème siècle. Il a préservé son indépendance, mais on vient souvent le voir : l’architecte Le Corbusier qu’il connaît depuis longtemps , des peintres (Marchand, Prassinos,...), des personnalités du monde des Lettres et du Théâtre (Gérard Philipe, Pichette...), et d’autres amis et admirateurs de ses œuvres. On vient de Paris, de Lyon, de Bruxelles, de Genève. Nicolas lui déclare un jour : « Vous avez vraiment de la chance de pouvoir vivre comme ça ! » il lui répond avec humour : « faites comme moi ! » Parmi ces visiteurs, plusieurs effectivement achèteront un mas à Eygalières. Mais tous retiendront de Latour l’image d’un homme d’une courtoisie parfaite, à la conversation passionnante.
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 Eygalières
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Toujours intéressé par les formes multiples de la production artistique, Latour va innover dans la création d’étoffes, à l’instar de Raoul Dufy ou de Sonia Delaunay. Parmi ses meilleurs amis, Latour compte un « Soyeux de Lyon », Pierre Aynard. La famille Aynard est propriétaire depuis plusieurs générations de l’Abbaye de Fontenay. Latour et Pierre Aynard vont faire équipe : ils créent ensemble des tentures murales inspirées des vitraux de l’abbatiale, les toiles de l’Abbaye de Fontenay.
Entouré d’amateurs éclairés, Latour n’éprouve pas le besoin d’une promotion commerciale.
Il envoie quelques toiles au Salon d’Automne (1949,1950,1954,1962) et au Salon de Mai (1951 à 1955) à Paris.
Il participe à des expositions collectives à la Galerie Durand-Ruel à Paris (1954), à la Galerie Merenciano à Marseille (1957), à la Galerie Hautefeuille à Paris (1957).
Il fait aussi quelques expositions personnelles :
Le 4 mars 1964, à l’âge de 76 ans, Alfred Latour s’éteint à Eygalières. Il repose au cimetière du village.
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 Saint Rémy de Provence
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Note:
[1] Jacques Latour deviendra Conservateur des musées d’Arles, et son épouse Marielle Latour Directeur des Musées des Beaux-Arts de Marseille
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